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Vous les femmes
Les 19 et 20 mars, près de deux cent choristes venus des quatre coins de l’hexagone ont migré vers l’Ouest de la région Parisienne pour célébrer les Femmes. A la direction, Maud Galichet et Guillaume Le Ray, au piano, Rémy Galichet.
Répertoire autour du thème des femmes :
> Super Mamie (Aldebert) harmonisé par Brice Baillon et dirigé par Maud Galichet
> Le tissu (J. Cherhal) harmonisé par Martin Le Ray et dirigé par Maud Galichet
> Je suis jalouse (E. Loiseau) harmonisé par Martin Le Ray et dirigé par Guillaume Le Ray
> Sous les jupes des filles (P. Souchon) harmonisé par Martin Le Ray et dirigé par Guillaume Le Ray
N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur le livre d'or de ce week-end chantant (voir en bas de cette page).
Rétines et pupilles, les garçons ont les yeux qui brillent… A l’entrée de la salle de répétition ce jour-là, une guirlande de lingerie intrigue les nouveaux-venus : porte-jarretelles, nuisettes en soie, gaines de laine ou soutiens-gorges en dentelle, l’amusement se lit sur les visages. Les 186 choristes ayant répondu à l’appel la chorale Dédicace avaient été prévenus : pour ce sixième week-end à Carrière sur Seine (78), les Femmes allaient être mises à l’honneur ! Et pas qu’un peu.
Vers 14h30, en toute logique, les deux chefs de chœur déroulent le menu 100% féminin, composé de quatre titres : Je suis jalouse d’Emily Loizeau, Le tissu de Jeanne Cherhal, Sous les Jupes des filles d’Alain Souchon (trois titres harmonisés par Martin Le Ray) et Super Mamie de Guillaume Aldebert (harmonisé par Brice Baillon). Même si le thème du rassemblement est plus « féminin que féministe » comme l’affirme Guillaume, la parité était de mise. Guillaume et Maud se sont départagés les quatre titres de manière à offrir respectivement la vision d’un parolier et d’une parolière sur la gente féminine.
Honneur à l’homme : dans Je suis jalouse, issu de « L’autre bout du monde » (2006), premier album d’Emily Loizeau, c’est l’impuissance de l’amoureuse face aux fréquentations de son compagnon qui est abordée. Pour Guillaume, chargé de faire découvrir ce morceau à l'assemblée, « ce titre est assez bancal, avec son rythme en 5/4, ce sont les hommes qui donnent le tempo ». A l’inverse, Sous les jupes des filles, est porté par les femmes qui propulsent l‘ensemble « les sopranes et les alti se répondent, ça aère le morceau, le rendu est plus féminin… J’imagine une jeune femme courant dans un champ quand arrive le refrain, un peu comme dans La petite maison dans la prairie, voyez » ? Très bien Guillaume, très bien. Et puis pour le jeune chef de chœur, cette pièce du répertoire Souchonien avait des consonances particulières : il raconte « avoir débuté sa carrière de pianiste par quelques notes d’Allo Maman Bobo. J'avais juste deux ans... » Pour le reste, ce titre lui parait résumer de manière très fine l'essentiel de l’existence : l’amour, le pouvoir et l’argent.
A la même question philosophique Maud propose : « l’amour, la vie et la mort ». Ahhh Mars et Vénus ! A travers Le tissu, tiré de « L’eau », album de Jeanne Cherhal sorti en 2006, c’est l’histoire vraie d’une femme voilée mais pas moins libre qui est narrée. La chef de chœur est emballée : « le texte est fabuleux, la mélodie délicate »… Et les choristes sont conquis. Tous confirment leur intérêt pour cette chanson, Laurence la première : « ce morceau est plus engagé et fait la balance avec les autres titres. Et puis c’est un bel hommage à la situation que vivent certaines femmes… c’est très émouvant. » Justine, l’une des plus jeunes chanteuses de l’assemblée est l‘exception qui confirme la règle : pour elle, c’est Super Mamie qui a sa préférence. Le portrait improbable d’une grand-mère survoltée de 99 ans est proposé par Guillaume Aldebert sur l’album « Enfantillages » édité en 2008. L’alternance de phrases chantées / parlées a permis à l’assemblée de se « lâcher ». Il était permis de crier, de gesticuler, de s’éclater en somme. Et ensemble ! Ensemble : « L’un des plus beaux mots de la langue française » selon Yor, l’artiste invité sur scène pour le spectacle du samedi soir. Ce « chanteur à gage » a interpellé la salle avec ses textes drôles et cyniques. Venu s’imprégner de l’ambiance dès le début du rassemblement il s’avoue « fasciné par l'énergie qui se dégage de ce chœur de cœurs »...
La générosité était définitivement de mise en ce week-end ensoleillé : tour à tour, l’équipe déco et les deux chefs de chœur ont offert un défilé de mode aux choristes hilares. Par petites touches, les femmes ont mis du liant dans les rangs de chanteurs et comme dirait Claire, jeune novice des week-ends régionaux : « ce furent deux jours extra, je reviendrai !»
Seule ombre au tableau : la disparition de la jarretière bleue turquoise sur le fil de lingerie dans l’entrée. Mais Guillaume n’avait-il pas évoqué « d’en ramener une à la maison ?». C'est une piste sérieuse à éclaircir, selon les enquêteurs.
Cécile MOFFROID
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Reportage photos de Stéphane Synodinos
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